La ferme des animaux, George Orwell

C’est un très beau roman qui, malgré quelques passages assez durs, pourrait s’adresser aux enfants. En effet, nous rentrons de suite dans un monde où les animaux pensent, parlent, lisent et écrivent. On y retrouve quelques blagues et descriptions qui à coup sûr peuvent faire rire les plus jeunes. Et pourtant ! J’ai été prise par ce livre, lu en moins d’une journée. Il est très court, mais comme on dit, « intense ». Étant un coup de coeur que j’ai fais partager à mon entourage, je le choisis pour ma première chronique.

Mon résumé (spoiler): L’action se passe dans une ferme, plus précisément la « Ferme du Manoir ». Le propriétaire, Mr Jones ‘martyrise’ ses animaux qui vont en prendre conscience et se rebeller. Le cochon Sage l’Ancien va prononcer un discours qui restera dans tous les esprits jusqu’à ce que rébellion se fasse.
Mort quelques temps après, ce sont trois autres cochons qui vont devenir les ‘leader’ de la résistance: Boule de Neige, Napoléon et Brille-Babil, le porte-parole. Napoléon va faire un coup d’état (tient, bizarre), et Boule de Neige va devoir s’enfuir. Petit à petit Napoléon va s’installer comme le roi, s’offrant des privilèges ainsi qu’à ses chiens de gardes. La règle d’or de la ferme (alors renommée La ferme des Animaux) et bêlé par les moutons est la suivante: «Quatrepattes, oui! Deuxpattes, non! ».

L’humain est l’ennemi, l’espèce à abattre. Mais pour faire tourner une ferme, il va falloir pactiser avec le diable, notamment pour la construction du moulin. C’est ce qui va mener cette ferme à sa perte. Enfin sa perte .. pas pour tout le monde ! Les cochons, porcelets et chiens vont rester privilégiés, tandis que les autres animaux se tueront à la tâche (comme Malabar) sans avoir de portions plus généreuses. Les Sept Commandement de l’Animalisme instaurés par Sage l’ Ancien vont être mis à mal, et seul Douce et Malabar, deux chevaux, ainsi que l’âne solitaire Benjamin vont s’en rendre compte, mais sans vraiment y réfléchir, pensant que leur mémoire leur fait défaut.
Pour donner un exemple concret, au commandement numéro 6 à la base « Nul animal ne tuera un autre animal» sera rajouté « sans raison valable» sous le règne de Napoléon.
De la réussite au chaos, les animaux vont s’horrifier de voir les privilégiés inviter des Hommes à table et se mettre à marcher. Le slogan lui-même aura changé: « Quatrepattes, bon! Deuxpattes, mieux! », tout comme le nom qui aura repris sa forme initiale.

Mon avis: J’ai vraiment adoré ce livre, qui nous montre du début à la fin l’engrenage du pouvoir, le désir d’une puissance toujours plus forte. Au départ un peuple soudé, c’est au fil des mois qu’une inégalité s’instaure, et la phrase choc de l’auteur le résume très bien « Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres ». Plus qu’une histoire d’Animal, ce roman s’adapte à l’Homme et montre bien sa déchéance et son parcours: injustices (meurtres au nom du pouvoir et de la justice, portions (part d’argent?) généreuses aux chefs et maigres pour ce qui font tout le boulot, et j’en passe), manipulations (Napoléon en use avec finesse), trahisons, hypocrisies … Bref, il dénonce le totalitarisme.
L’animal s’humanise et produit les mêmes erreurs, continuellement. Au lieu de s’éloigner du comportement humain, il s’en rapproche. Apparaît alors comme une évidence que c’est par la pensée que l’Être s’abêtit et devient cruel, par sa connaissance du monde, ou, plutôt, par l’usage qu’il en fait. Maîtriser son savoir et le mettre au service de l’Homme/Animal plutôt qu’au service de son bien personnel, c’est ce qu’il faudrait faire.
Dans un camps comme dans l’autre, tout est dénoncé. L’auteur montre à la fois du mépris pour l’abus de pouvoir mais s’interroge aussi sur ce qui pousse un peuple à ne pas se rebeller contre les injustices existantes au sein de ce peuple même, à penser le faire sans oser. Et on se demande alors si tout ne se reproduirait pas, comme un cercle vicieux.

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4 réflexions sur “La ferme des animaux, George Orwell

  1. Je me souviens que 1984 du même auteur m’avait beaucoup marqué et comme toi, j’ai adoré la ferme des animaux :-)) Cet auteur fait beaucoup réfléchir sur notre propre société.

  2. Le lien vers le blog ne marche pas donc je te réponds ici;
    Il faudra vraiment que je lise 1984, je sens qu’il va me plaire aussi, vu le coup de coeur que j’ai eu pour La ferme des animaux 🙂
    & oui, tout à fait !
    Bonne soirée

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