Archive | février 2013

Tu verras, Nicolas Fargues

couv685651Résume de Livraddict:  C’est d’imaginer ce qu’il pourrait ressentir si son fils venait à mourir brutalement qui a été pour N. Fargues le point de départ de ce roman, qui adopte le motif de l’enfance pour parler d’amour et de solitude. Dans les jours et les semaines qui suivent la mort accidentelle d’un préado, son père revit les circonstances du drame mais aussi leur vie et tout ce qui commençait à les opposer.


Mon avis:
 Je tiens d’abord à remercier les éditions Folio, ainsi que le site de Livraddict, pour ce partenariat.

J’ai beaucoup apprécié la lecture de ce livre. Avant d’expliquer pourquoi, je tiens juste à signaler un point qui m’a dérouté dans les premières pages (mais que nous comprenons après):  le point de vue de la quatrième de couverture qui est celui du fils n’est pas le même que le texte lui-même, le point de vue étant alors celui du père.

Le thème principal du livre ne nous est pas dévoilé immédiatement, même si on s’en doute assez rapidement.
Ce livre m’a touché. L’écriture est limpide, sans détour, il n’y a pas le soucis d’embellir la réalité:  elle nous est donnée à l’état brut, évitant ainsi le pathos que le sujet aurait pu amener. C’est ce qui m’a conduit à parler de ce livre autour de moi: il touche. Il ne peut pas en être autrement. Le narrateur confesse sa méchanceté, parfois même sa cruauté envers son fils, sans se morfondre dans les remords, mais seulement dans la prise de conscience de ses erreurs, avec parfois une distance que seul les gens qui connaissent la mort peuvent profondément comprendre. C’est un être et un père imparfait; il a des tendances racistes, ce qui m’a parfois gêné, mais c’est une fiction qui met en scène un père retraçant son passé avec son fils et ses erreurs… je suppose qu’il a conscience lui-même de ses faiblesses.

« Tu verras », tournure impérative qui montre que nous n’avons pas conscience du caractère éphémère et imprévisible de notre existence. Il ne verra pas car il n’est plus, injustement peut-être, bêtement probablement, mais le fait est qu’il est mort, et que dans ce court instant sur la Terre, douze années seulement, il n’aura pas eu le temps de voir ni de comprendre réellement les intentions de son père…

La mort a, la plupart du temps, un effet boule de neige: on perd quelqu’un que l’on aimait (ici son propre enfant, le sujet est discutable, mais c’est peut-être la pire mort à subir…), puis l’envie de sourire, puis l’envie de sortir tout simplement: alors il y a le manque d’hygiène, le manque de sociabilité, les ruptures avec les personnes extérieures qui ne comprennent pas, et puis les barrières de l’instinct de survie s’estompent. Tous ces ‘symptômes’ de la perte d’un être très cher, le père les subit, dans une impudeur innocente. Ce livre est une fiction, mais le style de l’auteur le rend vraiment réaliste.

En somme, un petit coup de coeur pour ce livre qui me restera en tête, livre que je vous conseille fortement !

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