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Pourquoi Benerdji s’est-il suicidé ? Nazim Hikmet

Quatrième de couverture de l’édition Aden:
J’ai pris le train l’avion l’automobile
la plupart des hommes ne peuvent les prendre
je suis allé à l’opéra
la plupart des hommes ne peuvent y aller
ils n’ont même pas entendu parler d’opéra
mais depuis 1921 je ne suis pas allé moi à certains
endroits où vont la plupart des gens
à la mosquée à l’église au temple à la synagogue
chez le jeteur de sorts
mais il m’est arrivé de me faire lire le marc de café
ce que j’écris est imprimé en trente ou quarante langues
mes livres dans ma propre langue sont interdits dans
mon pays.

Mon avis:  Livre lu pour la fac. J’ai beaucoup aimé ! C’est assez dur à chroniquer car il est vraiment original, dans sa forme, le fond, des fois je me suis un peu perdue dans ‘qui raconte quoi’, m’enfin, dans l’ensemble, une bonne lecture, et j’ai hâte de l’étudier en cours !!
L’histoire se passe en Inde, principalement à Calcutta, et 
met en scène Benerdji, un jeune homme révolutionnaire qui va être accusé de traîtrise par ses camarades. Il va ensuite reprendre ses activités révolutionnaires contre l’impérialisme anglais puis sera enfermé en prison pendant 15 ans. À sa sortie, il sera plus fragile physiquement, car plus âgé .. enfin je n’en dis pas plus et vous invite à lire ce livre.
C’est une belle œuvre poétique dans laquelle la beauté du langage se mélange avec la violence des propos. Ce qui est étrange dans ce livre, enfin étrange… ce qui change de l’ordinaire on va dire, c’est toutes les apostrophes que l’auteur fait au lecteur, je veux dire ça arrive souvent, mais ici, de part le sujet, la franchise de Nazim, le fait qu’il soit lui-même dans l’histoire, tout ça fait que le lecteur se sent directement concerné.
C’est un livre court qui se lis très vite, et contrairement à d’autres qui ne m’ont pas touchés, la fin m’a rendue bien triste, l’émotion qui passe par l’écriture pour arriver au coeur du lecteur est bien maîtrisée.

En bref, l’année commence bien !

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L’étrange histoire de Benjamin Button suivi de La lie du bonheur, Francis S. Fitzgerald


Quatrième de couverture de l’édition Folio:
 Dès sa naissance, loin d’être un beau poupon joufflu, Benjamin Button ressemble à un vieillard voûté et barbu ! Ses parents découvrent peu à peu qu’il rajeunit chaque jour : de vieillard il devient un homme mûr, un jeune homme, un enfant… Bénédiction ou malédiction ?

Mon avis: J’ai beaucoup aimée ces deux histoires, mais dans les deux cas je reste sur ma faim. Il y a vraiment matière à développer, et des descriptions auraient enrichis les récits. En finissant le livre, j’ai eu l’impression d’avoir lu un ‘gros’ résumé de chaque nouvelles. Dans L’étrange histoire de Benjamin Button, il n’y a pas assez de détails, j’aurais voulue plus de précisions sur sa vie, la réaction des gens et la sienne, la manière dont les parents s’y sont pris pour ‘élever’ cet enfant. Tout va trop vite. Dans La lie du bonheur, il y a déjà plus de détails, de descriptions, et là c’est la fin qui me laisse sur ma faim. Enfin voilà pour le gros point négatif.

Mais sinon les deux histoires étaient belles, dans un style simple, et inventives. L’histoire de Roxanne m’a beaucoup touché, ce beau couple, jeune, mais trop vite dévasté par le cancer de Jeff. Quant à celle de Benjamin Button elle est vraiment originale, drôle mais aussi touchante et triste par cette dégénération de l’âge, une vie menée à contre-sens.

En bref, ce n’est pas une déception, juste un sentiment d’inachevé, d’incomplet, mais les deux nouvelles m’ont quand même beaucoup plu.

La mare au diable, George Sand

Quatrième de couverture de l’édition Le livre de poche: On l’appelait « la mare au Diable », car ses brumes, le soir, égaraient les voyageurs. Perdus à leur tour, Germain, Marie et le Petit Pierre sont forcés d’y passer la nuit. Le laboureur et la jeune fille ont le coeur triste. Germain va chercher une épouse pour s’occuper de ses enfants orphelins de leur mère. A quoi bon se marier, pense-t-il, quand l’amour n’y est pas. Et Marie a quitté sa mère, ce matin, en larmes, pour se louer comme bergère à la ferme des Ormeaux, si loin. Seul, Petit Pierre, le fils de Germain, est heureux et confiant. De lui dépendra le sort de ceux qu’il aime tant.
Dédié à Chopin, ce bref roman champêtre a un charme inégalé. George Sand a vu le beau dans le simple. Elle chante, quelquefois en patois, les joies de l’amour, de l’enfance et du travail de la terre. Beaucoup d’amour et un peu d’idéalisme sont ses secrets.

Mon avis: Je l’ai commencé hier soir et l’ai finit avec plaisir en rentrant du travail ! J’avais eu un exercice de sémantique dessus, et j’avais vraiment envie de le lire en entier -eh non, chercher tout les hyponymes, hyperonymes ou analyser le temps des verbes ne m’en a pas dégoûtée^^.

On remonte le temps et on se ressource avec cette description de la vie paysanne d’il y a deux siècles, et ça fait vraiment du bien. J’aime beaucoup les livres ayants ce thème comme sujet, alors là je suis satisfaite ^^. On s’attache vite aux personnages, avec la sincérité de Germain, la naïveté de Marie -peut-être trop parfois- et la candeur du petit Pierre. Ces personnages sont peut-être un peu idéalisés, tout comme la vie paysanne et agricole en générale, mais cela ne m’a pas gêné. Au contraire, cela donne du baume au coeur de voir la gentillesse, l’honnêteté et l’amour prendre le dessus sur la misère, la souffrance et les vices de l’Homme. J’ai aussi trouvé intéressant de voir quels étaient les rites de cette époque, comme les coutumes du mariage, qui n’existent probablement plus au XXIème siècle. J’aurais aimée connaître ce temps où ‘magie’ et réalité cohabitaient naturellement ensembles. Je vais probablement approfondir cela avec d’autres lectures ^^

N.B: Il y a dans mon édition une partie ‘commentaire’ sur ce livre, et c’est avec étonnement que j’ai appris qu’elle l’avait écrit seulement en quatre jours. C’est extrêmement rapide, et c’est un petit livre (env. 150 pages) très complet; pour moi ça démontre son talent, mais il est écrit que Gautier en était « dégoûté » et il n’était apparemment pas le seul à être sceptique. Bon. Petite parenthèse fermée.

La cantatrice chauve, suivi de La leçon, Eugène Ionesco

Quatrième de couverture de l’édition folio: Mme SMITH : Tiens, il est neuf heures. Nous avons mangé de la soupe, du poisson, des pommes de terre au lard, de la salade anglaise. Les enfants ont bu de l’eau anglaise. Nous avons bien mangé, ce soir. C’est parce que nous habitons dans les environs de Londres et que notre nom est Smith…

Mon avis sur La cantatrice chauve: Ça se lit très vite et c’est tout simplement un délice d’humour et de jeux de mots. Pour ceux qui connaissent Kad & Olivier, on a parfois l’impression d’être dans leur jeu kakamoulox. En effet, c’est un peu du n’importe quoi ! Mais c’est très drôle, très bien construit, et j’ai adoré les exercices de style, les notes et les didascalies qui ont leur importance.

Extraits: « Mme Smith: « L’automobile va très vite, mais la cuisinière prépare mieux les plats ».

Le pompier (Il a, bien entendu, un énorme casque qui brille et un uniforme). »

On est en plein dans  la veine de l’absurde de Ionesco que l’on retrouve aussi dans Rhinocéros (que j’ai tout autant aimée). 


Mon avis sur La leçon: J’ai aussi beaucoup aimée cette pièce, beaucoup plus sombre que l’autre. Le professeur est fou et impulsif, la bonne ne l’empêche pas tellement de donner un cours à cette élève même si 39 autres sont mortes dans la journée, et l’élève en question est un peu naïve, ignorante peut-être.
Je pense qu’il peut y avoir diverses interprétations de cette pièce, la plus ‘évidente’ étant qu’elle dénonce la guerre, le nazisme. – Je rappelle qu’elle a été écrite en 1950. En effet, cette leçon est juste incompréhensible, sous-entendu comme le discours que portait les nazis. Le cours de linguistique en est un exemple puisque le professeur tente de montrer les différences entre toutes les langues mais en employant, sans s’en rendre compte, toujours la même. Preuve qu’on est tous égaux, malgré nos différences.
Dans tout les cas, ça montre qu’au final, le professeur ne tire aucune leçon de ses erreurs. Que tout se reproduit inlassablement, fatalement.

En bref, je crois qu’on aime ou qu’on aime pas ce genre de théâtre, moi j’adore.

Confessions d’une radine, Catherine Cusset

Quatrième de couverture de l’édition France Loisirs/Piment: « Je suis radine mais j’aimerais ne pas l’être. La première victime de ma radinerie. C’est moi.
Je peux me mettre en colère contre moi.
Je peux réagir contre.
Il n’en reste pas mois: mon premier instinct, c’est d’être radine.
Parfois je me demande si c’est par radinerie aussi que j’écris. Pour que rien ne se perde. Pour recycler, rentabiliser tout ce qui m’arrive. »

Mon avis: Ce n’est pas un chef d’œuvre mais ça reste un petit livre sympathique à lire 🙂 La narratrice se confesse au lecteur sur ses nombreux vols étant jeune, la honte qu’elle ressentait parfois mais atténuée par le plaisir d’avoir accès gratuitement à ce qu’elle désirait. Adulte, ces vols continueront de temps en temps jusqu’à ce qu’elle soit prise la main dans le sac. Humiliée intérieurement, ces vols cesseront.
J’ai bien aimée la partie sur l’écriture, les éditeurs, la publication de son premier roman, mais aussi celle sur l’achat de son appartement à Paris et celui de New York. Ça fait rêver !
Enfin voilà, je n’ai pas grand chose à dire car on plonge simplement dans les pensées de la jeune femme, à vif, sans réelle matière à dissection.

(109p)

Lorsque Lou, Philippe Djian (126p)

Quatrième de couverture: «Quelle rigolade que de saigner du nez ou de se relever avec une bosse! Chaque fois que je roulais sur le sol, je m’éloignais des ténèbres. Chaque fois que le poing de Lou m’arrivait en pleine figure, je réalisais l’incroyable simplicité d’être au monde.»

Que fait le narrateur dans cette ville paumée, à un jet de pierre du cercle polaire arctique? Pourquoi ce dur à cuire supporte-t-il les brimades et les coups des frères Conroy? L’hiver arrive et, avec lui, les premiers ours. Les choses se compliquent.

Mon avis: J’en ai un assez mitigé. J’ai bien aimée la fin, les 20/30 dernières pages, mais pour ce qui est du début j’ai eu du mal à accrocher, et il a un peu fallu que je me force pour reprendre là où je m’étais arrêtée le temps de lire le livre de Ardagh … Sans ‘coupure’ c’est peut-être plus facile à lire, mais dès le début j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire. Je ne comprenais pas tout, et les explications du ‘pourquoi du comment’ arrivent un peu tard à mon goût. En fait, je n’ai pas vraiment compris le message/le but de ce livre. Peut-être qu’il n’y en a pas, peut-être que ça décrit juste le nouveau souffle de vie dans la vie d’un ancien dépressif, et ce grâce à l’amour (étrange) de Sarah et la chasse à l’ours – d’ailleurs, je n’ai pas trop compris là non plus si le narrateur, et Higgins, sont pour ou contre cette chasse.
Enfin bon, ce n’est pas un ‘massacre’ du livre que je cherche à faire ! Philippe Djian est un auteur que ma soeur lisait et généralement on a les mêmes goûts, je pense juste que je suis tombée sur le ‘mauvais’ Djian pour commencer avec lui =)

Les aventures d’Eddie Dickens, Une folle famille, Philip Ardagh

Quatrième de couverture de l’édition Albin Michel: Ses parents étant atteints d’une jaunisse aussi bizarre que contagieuse, le jeune Eddie Dickens se voit confié à son Fol Oncle Jack et à sa Folle Tante Maud, deux hurluberlus aux caprices souvent déconcertants et parfois dangereux…

Mon avis: Lecture très agréable et très drôle, je n’ai pas cessé de rire et de sourire en lisant ce petit roman. J’aime beaucoup l’humour de l’auteur, les commentaires du narrateur, le fait que tout soit pris au premier degré – notamment les expressions-, et les nombreux quiproquos qui, forcément, amènent des situations totalement loufoques ! 😀
Extrait (parce qu’il était tard la nuit quand j’ai lue ce passage et j’ai vraiment rigolé toute seule..):

« ‘Les chaussettes de l’archiduchesse sont-elles sèches ou archi-sèches?’, bien que je n’aie jamais compris en quelle circonstances on pouvait avoir besoin de poser cette question. »

Contrairement au livre de Mathias Malzieu dans lequel je ne m’étais pas vraiment attachée aux personnages, ici je me suis prise d’emblée d’affection pour toute la famille Dickens. Une folle famille, comme le précise l’auteur, et je ne peux être que d’accord,  c’est une folle famille drôle, étrange, attachante !
De plus j’aime les illustrations de chaque épisodes, et je dois avouer que j’adore la couverture, c’est ce qui m’a fait regarder ce livre et l’acheter ^^ Les illustrations sont de David Roberts.

En bref c’est un livre qui est très sympathique à lire, peu importe l’âge ! 🙂

Autres extraits, parce que j’ai vraiment aimée ce live et qu’il ne peut manquer de vous faire rire ^^

«  -n’oublions pas que ses parents y avaient consacré de coquettes sommes d’argent (celles moins soucieuses de leur allure leur ayant été retournées) »

« Il s’était mis à pleuvoir et les gouttes de pluie se mélangeaient aux larmes qui ruisselaient sur les joues de la mère. Elle était occupée à peler un oignon.»